Blog politique d'Alexandre Medvedowsky, Conseiller Général des Bouches du Rhône, Conseiller Municipal d'opposition d'Aix-en-Provence, Conseiller Communautaire à la CPA
Voici dans son intégralité le discours que j’ai prononcé à la Fabrique lors de la présentation des vœux. J’y ai développé les sujets qui me tiennent à cœur. Je reviendrai plus en détails sur ces différents thèmes dans les semaines qui viennent.
Mesdames et Messieurs, Chers Camarades,
J’ai le plaisir de vous accueillir aujourd’hui dans ce lieu, la Fabrique.
Ce lieu, c’est le vôtre, en tout cas nous avons voulu qu’il soit le vôtre.
C’est un lieu de rencontres, c’est un lieu de travail. C’est un lieu de militantisme. Et c’est aussi un lieu de campagne puisque nous démarrons deux campagnes importantes dont je vais vous parler évidemment ce matin.
Je veux vous remercier tous d’avoir pris le temps ce matin de venir avec nous. Je remercie plus particulièrement tous les élus qui sont ici présents, ceux qui vont nous rejoindre. Je veux saluer aussi tous les maires qui sont là, je pense notamment à Roger PIZOT, Maire de St Paul lez Durance, je vais certainement en oublier donc je salue tous les élus, Conseillers Généraux, Conseillers Régionaux, Fleur SKRIVAN que vous connaissez tous. Et puis, à la tribune à côté de moi quelqu’un qui m’est particulièrement cher, Nathalie GASTAUD, que beaucoup d’entre vous connaissent maintenant. Nathalie est la première adjointe du Maire de TRETS, elle est aussi ma suppléante dans cette élection législative ; je la découvre ; bien sûr je la connais depuis longtemps mais je la découvre de plus près dans cette période et je suis en train de me rendre compte de sa combativité, de son énergie, de ses talents en politique.
Alors aujourd’hui c’est un rassemblement et je veux saluer aussi tous ceux qui ne sont pas nécessairement ni militants ni même sympathisants du Parti Socialiste, qui sont des compagnons de route, il y a ici des gens qui représentent d’autres formations politiques, notamment des partenaires de la gauche, et d’autres qui ont voulu se rassembler ici autour de nous pour cette cérémonie de vœux ; donc merci à tous d’être présents ce matin parce que nous menons des combats en commun depuis longtemps, donc il est normal que nous nous retrouvions même si certains d’entre vous défendrons d’autres candidats aux prochaines élections présidentielles et législatives, au moins au premier tour.
Je salue aussi Gaëlle LENFANT qui est ici présente, que certains d’entre vous connaissent aussi, peut être moins connue que d’autres, mais qui est aussi candidate aux élections législatives pour le parti Socialiste dans la 11éme circonscription, l’autre circonscription aixoise. Je vous demande de l’applaudir car Gaëlle va mener un combat difficile contre Christian KERT et il faut que tous les militants et sympathisants susceptibles de l’aider dans ces quartiers de la ville le fassent à ses côtés.
Alors, je ne vais pas vous faire plus attendre, je vais vous parler politique. Hier, je faisais mes vœux sur l’Europôle de l’Arbois que je préside, et tous ceux qui étaient là, ont pu constater que je n’avais pas dit un mot de politique. Je l’ai d’ailleurs souligné en entrée de mon discours, il y a des moments quand on exerce des responsabilités dans des collectivités où il faut faire attention à ne pas mélanger les genres. J’ai donc parler de l’Arbois, d’économie, d’environnement, du développement de cet Europôle car c’était le lieu pour le faire.
Aujourd’hui, changement de genre, changement de style, nous sommes dans un lieu politique, je suis Conseiller Général, Conseiller Municipal à Aix, Conseiller Communautaire, je suis aussi candidat aux élections législatives en 2007 et je veux vous parler aujourd’hui essentiellement de l’importance de l’année 2007 qui doit être l’année du changement dans notre pays, parce que ce changement les Français, tous les Français l’attendent au niveau national bien sûr, mais aussi au niveau local, à Aix et dans le pays d’Aix. Parce que 2007 est une année de choix, c’est une année d’élections, et c’est aussi une année qui succède à des années difficiles pour les Français, difficile pour chacune et chacun d’entre vous.
La situation de notre pays, socialement, économiquement, sur le plan du pouvoir d’achat, sur le plan des conditions de travail est dramatique. Ces années qui viennent de s’écouler ont été difficiles pour nous tous, il est donc important que nous affrontions cette échéance de 2007 en étant pleinement conscients des enjeux, des questions qui se posent, des choix qui s’offrent à nous, parce que je crois que ces choix sont extrêmement capitaux pour l’avenir de notre pays.
Je crois que cette année d’élections est une chance car la manière dont elle s’amorce, les questions politiques qu’elle permet de poser, n’ont finalement jamais été aussi claires.
En effet, et j’aimerais partager ce sentiment avec vous ce matin, deux conceptions opposées de la société s’affrontent. Nous sommes servis en cela par une espèce de caricature que l’on voit à droite, qui est une caricature construite par Nicolas SARKOZY et ses amis, et que nous connaissons nous aussi à son échelle dans le pays d’Aix. Elle révèle une conception extrêmement ultra libérale de la société, une conception tout à fait particulière.
Alors, je voudrais aborder quelques sujets pour bien vous éclairer là-dessus et sur l’importance de ces choix.
Je crois qu’il y a un premier niveau qui me paraît tout à fait frappant, c’est que nous n’avons pas la même conception que Nicolas SARKOZY et que Maryse JOISSAINS de la démocratie, de la vie démocratique de notre pays tout d’abord et de nos institutions. Les semaines qui viennent de s’écouler - et rassurez-vous je ne vais pas vous faire un grand discours sur la démocratie et sur les institutions - sont de ce point de vue là extrêmement éclairantes.
On assiste dans cette fin de règne, fin de règne dure, fin de règne de Jacques CHIRAC, et alors qu’on devrait s’attendre normalement à une transition républicaine, à un peu d’attentisme, à de l’écoute pour les français qui s’expriment et votent dans notre pays, à une confiscation totale des moyens de l’Etat au plus haut niveau en faveur de la droite.
Les dernières nominations aux plus hautes fonctions de l’Etat sont attribuées aux « copains » de droite. Le conseil supérieur de l’audiovisuel, par exemple, qui est chargé de réguler l’ensemble des moyens audiovisuels dans ce pays vient de voir disparaître ses dernières personnalités de gauche. Les dernières nominations que la droite vient de faire les ont éliminées. Un autre exemple : le Conseil Constitutionnel, garant de l’équilibre constitutionnel de notre pays, va être présidé, et ce n’est pas un scoop que je vous donne puisque la presse s’en est fait l’écho très largement, par Jean-Louis DEBRE, Président de l’Assemblée Nationale. Plus aucune personnalité de gauche, à l’exception de Pierre JOXE. Une seule personnalité de gauche sur les neuf juges du Conseil Constitutionnel.
La confiscation des moyens de l’Etat est en route. Nicolas SARKOZY, candidat à la Présidence de la République est en train de l’illustrer tous les jours, confiscation des moyens de l’Etat au service de sa campagne présidentielle. Il se promène partout en France sous la double casquette de Ministre de l’Intérieur dépensant votre argent, l’argent du contribuable, utilisant les moyens de l’Etat pour faire sa campagne présidentielle. Et je ne m’étendrai pas, vous l’avez constaté ces derniers jours, sur l’utilisation des moyens de renseignement de l’Etat à son bénéfice dans la volonté de déstabiliser notre candidate.
Les renseignements généraux dans notre pays sont aujourd’hui sous la houlette, sous la coupe, et asservis à la campagne présidentielle de Nicolas SARKOZY qui enquête sur les entourages présidentiels, qui essaye d’infiltrer les équipes de sécurité autour de notre candidate Ségolène ROYAL.
Bref, confiscation des moyens de l’Etat pour le candidat à l’élection de la Présidence de la République.
Au plan local, vous le savez, à Aix et dans le Pays d’Aix, cette conception de la vie démocratique et des institutions est la même. Nous le savons tous, notamment vous tous qui habitez les communes du Pays d’Aix et Aix. Il y a confiscation aussi des moyens politiques, des moyens de fonctionnement de nos différentes institutions, au profit de Maryse JOISSAINS, de son clan, au profit de ses amis, et petit à petit ce clan à tendance à se réduire et à se limiter aux derniers soutiens de Maryse JOISSAINS ; c’est donc un clan qui est aussi à la tête de notre Pays d’Aix.
Il existe également une différence dans la vision du fonctionnement de nos institutions démocratiques et de la conception de notre démocratie, parce que je ne sais pas si vous l’avez constaté, mais ces dernières années, la droite n’a cessé d’opposer les citoyens et d’opposer les français les uns contre les autres. En permanence, on oppose ceux qui ont du travail à ceux qui n’en ont pas, on oppose ceux qui ont un travail et ceux qui bénéficient de prestations sociales, on oppose les communautés entre elles en faisant naître un sentiment de communautarisme, on oppose ceux qui ont un logement et ceux qui n’en ont pas, en permanence on oppose les entreprises et les salariés on pousse à la confrontation, on sort de l’idéal républicain, et on cherche à opposer les français entre eux. Moi, ce qui me frappe le plus dans le slogan, dont je ne sais pas si ce sera le slogan du candidat SARKOZY à l’élection présidentielle, sur ce thème de la rupture, dont on a pas compris s’il s’agissait d’une rupture thatchérienne, d’une rupture brutale ou d’une rupture tranquille mais ce qui me frappe c’est que c’est une rupture avec les principes de fonctionnement de notre République. C’est la rupture avec l’égalité des citoyens, c’est la rupture avec la fraternité, c’est la rupture avec la liberté tout simplement de nos concitoyens. C’est ça que nous propose Nicolas SARKOZY dans cette campagne. Cette vision communautaire et communautarisme, nous y sommes aussi confrontés à Aix-en-Provence.
Car c’est la même chose que pratique Maryse JOISSAINS. L’autre jour, quand j’ai ironisé et que cela a été repris par la presse, sur le fait que Maryse JOISSAINS c’était la même chose que Nicolas SARKOZY, que si vous mettiez une perruque blonde à Nicolas SARKOZY vous aviez Maryse JOISSAINS, ce n’était pas simplement une formule pour faire rire mais réellement parce que c’est comme cela que ça se passe. Et vous l’avez lu probablement dans la presse ces derniers jours, il y a une vision communautariste de Maryse JOISSAINS qui se retrouve d’ailleurs coincée aux entournures parce que ce qu’elle donne à des communautés, elle le refuse à d’autres, elle rentre dans une logique de gestion communautaire.
Face à cela, quelle est notre position ? Quelle est la position du parti socialiste ? Quelle est la position de Ségolène ROYAL et celle d’Alexandre MEDVEDOWSKY ou de Nathalie GASTAUD dans cette campagne électorale?
Et bien face à cela, nous sommes conscients, nous, que notre pays vit une crise institutionnelle, une crise politique de première ampleur. Cette prise de conscience se traduit dans un premier enjeu car nous n’avons pas oublié que lors des dernières élections présidentielles, au 2éme tour de l’élection il y avait Jean Marie LE PEN. Nous ne voulons pas reproduire cela, et pour cela, il faut absolument que nous changions les institutions de notre République, que nous les réformions, que nous fassions en sorte qu’elles soient plus démocratiques, qu’il n’y ait plus cette césure et cette coupure entre les citoyens et les institutions de notre République.
Alors, peut être, cela s’appellera la 6éme République, peut être « changer la République », mais ce qui est sûr en tout cas c’est que nous avons la conviction profonde qu’il faut changer les institutions de notre pays. Pour changer les institutions de notre pays, il ne suffit pas de changer les institutions elles-mêmes, il faut changer la pratique institutionnelle. C’est toute la méthode proposée par notre candidate de campagne de démocratie participative qui inspire profondément sa conduite des affaires publiques, cette nouvelle manière de faire de la politique, c’est le fait de dire on ne construit pas, on ne bâtit pas un projet politique sans en discuter avec les citoyens de ce pays. La démocratie participative, c’est faire en sorte que chacune et chacun d’entre-vous soient acteurs de ce projet. Bien sûr les socialistes ont eu un projet, bien sûr nous avons élaboré collectivement le projet des socialistes, mais ce projet nous voulons le confronter avec la société, avec les Français. La démocratie participative c’est cela, tout ce qui se passe aujourd’hui dans de ce pays autour de ce texte, c’est cette confrontation de notre projet socialiste avec ce que vous pensez, vous, de votre vie quotidienne, de ce que vous pensez de la société et de l’évolution de cette société.
Et ça marche, et ça fonctionne. On peut essayer de le critiquer, de le dénigrer, d’ironiser mais ça marche parce que partout en France il y a des débats participatifs. Ici même, dans ce lieu, à la Fabrique, nous avons tenu trois débats participatifs où à chaque fois 150 personnes sont venues débattre des questions qui leurs étaient proposées sur l’éducation, l’environnement et la lutte contre toutes les formes de violence et insécurités. Et la semaine prochaine sur le pouvoir d’achat, sur la vie chère. C’était hier soir à Venelles, avec la population, pour parler de ce thème de la vie chère. Et partout en France il y a des débats qui réunissent des centaines de personnes qui se prolongent grâce à d’autres outils et d’autres moyens de communication.
Donc, c’est cela la démocratie participative et nous la ferons vivre sans dévier de notre route jusqu’au 11 février, telle que nous l’avons tracée. Et à partir de cette date, cela permettra à notre candidate et aux équipes constituées autour d’elle, à partir du projet socialiste et après cette confrontation de sortir la plateforme du programme présidentiel qui sera le nôtre.
Et puis nous opposons aussi à la vision de la droite, la vision d’une France solidaire, d’une France laïque, d’une France républicaine, parce que ce sont cela nos mots à nous, c’est de cette manière là que nous voulons vivre cette société qui est la nôtre et nous pensons que c’est autour de ces notions de solidarité, de laïcité, que nous pourrons réaffirmer et refaire vivre les principes de fonctionnement de notre République.
Cela ne veut pas dire que nous soyons contre les communautés, le respect et la tolérance. Mais nous dénonçons les pratiques de Maryse JOISSAINS qui d’un revers de mains balaye les engagements qu’elle avait pris en 2001. Nous voulons dire, par exemple, et tout simplement à la communauté musulmane : vous existez, vous avez le droit d’avoir un lieu de culte à Aix en Provence, ça ne veut pas dire qu’il appartienne à une mairie de construire un lieu de culte. Cependant, n’oublions pas quand même quels ont été les liens entre la puissance publique, les collectivités l’Etat et l’église catholique. C’est aujourd’hui vos impôts, le contribuable qui entretient les édifices religieux de la religion catholique dans notre pays. Dans le cadre d’une laïcité auquel je tiens, j’ai pris l’engagement personnel, si nous arrivions à revenir à la tête de cette mairie, de mettre à la disposition de la communauté musulmane un terrain pour qu’elle puisse édifier son lieu de culte.
Deuxième enjeu de cette élection qui me parait très important et très fort, et sur lequel il y a des différences énormes entre la droite et nous ; c’est sur la conception du rôle de l’Etat et donc de la place des politiques publiques. Si on entend la droite et je ne caricature pas, c’est la disparition du rôle de l’Etat qui est en jeu, en tout cas elle veut un Etat qui soit réduit, qui soit affaibli, qui disparaisse petit à petit et progressivement. C’est le démantèlement des services publics, c’est la diminution du nombre des fonctionnaires et des moyens de l’Etat.
Je voudrais attirer votre attention sur les conséquences de cette politique là car elle veut dire tout simplement fermeture de classes d’école, fermeture d’un certain nombre d’hôpitaux, fermeture des bureaux de poste, et le manque d’effectif partout.
Ici, chez nous c’est pareil, lorsqu’on voit Maryse JOISSAINS arriver dans cette ville en 2001 et dire, entre autres mensonges, je vais rétablir la sécurité, et bien sachez que c’est un échec flagrant. Aix en Provence se trouve aujourd’hui placée dans les premières villes de France en matière d’insécurité. Je constate qu’il y a moins d’effectif de police nationale aujourd’hui qu’il y en avait en 2001. C’est la conséquence de ces choix budgétaires qui sont faits à Paris et approuvés par MARYSE JOISSAINS. Et c’est pareil pour la gendarmerie dans les zones rurales. Et c’est pareil aussi pour les effectifs de la justice.
La conséquence de vouloir réduire le rôle de l’Etat se traduit dans votre vie quotidienne. Et il y a un côté extrêmement choquant de voir les discours de la droite locale qui oublie quand ça les arrange que ce sont leurs amis qui détricotent nos services publics. Je l’ai dit lors d’une réunion publique au Puy Saint Réparade ou je défendais le maintien du bureau de poste avec le maire UMP du Puy. Je lui ai dit publiquement qu’il devrait également tenir cette position de défense des bureaux de poste auprès de ses amis qui nous expliquent que la poste doit être soumise aux règles de la concurrence, qu’elle doit être confrontée au thème de la rentabilité. On ne peut pas tenir un double langage car cette démagogie, c’est l’ouverture aux extrémismes, c’est l’ouverture au Front national.
Il y a un autre domaine sur lequel je voudrais attirer votre attention : c’est celui du logement. Le logement, c’est l’exemple type de politique publique qui nécessite l’intervention de l’Etat. Intervention de l’Etat pour construire des logements sociaux, intervention des financements sociaux pour aider les gens à payer leur loyer, intervention de l’Etat pour aider aussi les gens à accéder à la propriété. Toute une série de mécanisme qui dans ce pays aujourd’hui sont en crise et sont grippés. Il y a une crise du logement ici à Aix et en pays d’Aix, il y a une crise du logement au niveau national parce que les pouvoirs publics ne veulent pas assumer une intervention lourde de l’Etat en la matière. Je ne dis pas que la gauche a tout fait dans ce domaine mais regardons les chiffres; regardons qu’elle est la dégradation de la situation. Quand j’ai quitté mes responsabilités en matière d’ urbanisme à la ville d’Aix nous sortions en plein centre ville d’Aix, sur l’opération Sextius Mirabeau, des logements qui étaient déjà relativement chers, puisque environ à 1.800€ le mètre carré. Aujourd’hui c’est entre 10.000€ et 12.000€ le mètre carré. Une augmentation qui s’est réalisée en cinq ans. Quant on voit cette augmentation là, on se rend compte que c’est parce que nous ne contrôlons plus rien dans la chaîne du logement dans notre pays, et plus particulièrement à Aix et dans le Pays d’Aix. Pour mener une politique du logement efficace, il faut d’abord et avant tout mener une politique foncière, qui consiste à acheter les terrains, à avoir des prévisions en matière du développement d’une ville. A Aix-en-Provence, il n’y a pas de PLU parce que Maryse JOISSAINS a refusé de le faire. Il n’y a pas de politique foncière pour permettre à la ville ou à la communauté d’agglomération d’acheter suffisamment de terrains pour permettre de construire : 300.000 € en tout et pour tout au budget de la ville d’Aix pour une politique foncière, quand on voit les millions d’euros qui sont dépensés dans notre ville pour des investissements pharaoniques. Alors il y a beaucoup d’indécence de la part de la droite dans ce domaine. Quand la présidente de la Communauté d’Agglomération Maryse JOISSAINS ne peut pas rencontrer la population de Saint Paul lez Durance car elle assiste à la messe en hommage à l’Abbé Pierre alors que nous avons dû nous battre contre elle quelques jours avant car elle voulait faire expulser les SDF de la place de la Rotonde à Aix. MARYSE JOISSAINS est quand même la seule maire de France qui a porté plainte et a demandé au tribunal l’expulsion des SDF. Et quand, quelques jours plus tard, elle se rend à l’église essuyer une larme sur la mort de quelqu’un qui a toute sa vie consacré son énergie, son talent, sa force pour les SDF je dis que c’est indécent.
Alors face à cette vision de la droite, qu’est ce que les socialistes opposent à cette politique destructrice de l’Etat et de ses politiques publiques. Certes, nous ne pouvons pas dire que tout allait bien et que l’Etat ne doive pas se moderniser. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas faire des efforts, pour faire en sorte qu’un Etat moderne soit plus efficace. Mais tout ceci doit se faire au service de politiques publiques, au service de la solidarité, au service de la justice. C’est de cette manière là qu’il faut d’ailleurs aborder le débat sur la fiscalité. Il n’y a pas un homme politique de droite ou de gauche qui vous dira qu’il va augmenter les impôts. Mais là aussi il y a beaucoup d’indécence dans notre pays de la part de la droite de n’aborder dans cette période le thème de la fiscalité que de la manière dont elle l’aborde. Alors la fiscalité dans notre pays ce ne serait que l’impôt sur les grandes fortunes, la fiscalité ce ne serait que le problème des riches qui soit disant ne peuvent plus vivre dans ce pays tellement ils sont harcelés par notre fiscalité, et qui n’ont d’autres solutions que d’aller vivre à l’étranger. Est-ce que vous croyez que la fiscalité c’est ça, alors que 80% des français vit avec moins de 2.000€ par mois. Non, certainement pas. On nous dit que l’impôt sur la fortune est un impôt scandaleux qui pousse les fortunes à partir. Mais j’ai cru comprendre, puisque les chiffres ont été rendus publics, et de Ségolène ROYAL et de Nicolas SARKOZY que l’un paye 8OO€ par an d’impôt sur la fortune et que l’autre, qui au passage n’a pas communiqué son patrimoine disant que c’était du domaine privé pour l’instant, paye depuis l’an dernier 1.500€.
Il y a beaucoup de gens aujourd’hui dans cette salle qui paye une taxe d’habitation supérieure à cette somme. Là encore quelle indécence !
Donc ce qui compte en matière fiscale c’est de ne pas tromper les gens. Si on peut faire baisser les impôts, et je vous signale que pendant que la gauche était au pouvoir, le montant des prélèvements obligatoires avait diminué, alors qu’il a plutôt augmenté depuis son départ, il faut les baisser de façon juste, pas de façon inéquitable, pas seulement pour les riches, et en tout cas plus pour les pauvres.
Et en tout cas, plus pour les pauvres et ceux qui ont peu, ceux qui ont de petits moyens, que pour les riches. Voilà ce qu’est notre conception de la justice et de la fiscalité dans notre pays.
Troisième enjeu de cette élection : c’est la place de l’homme et de son épanouissement dans l’économie et dans le travail.
On a d’un côté, à droite, Nicolas SARKOZY et Maryse JOISSAINS qui affichent sans complexe leur ultra libéralisme, qui martèlent que les entreprises sont trop taxées dans notre pays, que pour qu’elles aillent mieux et qu’elles créent de l’emploi, il faut diminuer leurs charges.
Mais selon leur conception, pour diminuer les charges des entreprises, il faut introduire de la flexibilité et de la précarité. Il faut casser le code du travail, il faut porter des coups à tout ce qui protège le salarié de façon à ce qu’il y ait plus de souplesse et plus de possibilité d’embaucher, de licencier, que le patronat, in fine, ait un matelas de main d’œuvre, disponible et corvéable, qui accepte ses conditions. C’est la même vision qui propose également de casser les minima sociaux et les mécanismes de retraite.
C’est l’idée tout simplement que la droite vous serine régulièrement, que la France vit au dessus de ses moyens et que dans cette nouvelle donne qu’est la mondialisation il faut réduire les moyens des gens.
L’exemple à l’extrême c’est le CNE : une des dernières propositions de Nicolas SARKOZY qui se prononce pour un contrat de travail unique, un contrat à durée indéterminée. On se dit : formidable, mais il dit aussi assorti d’une période d’essai de deux ans. C’est donc un contrat de travail qui permet de licencier pendant 2 ans sans motif la personne qui en est le titulaire. Ainsi, pendant 2 ans, le salarié se retrouve complètement à la merci de l’employeur. Et on appelle ça un contrat de travail à durée indéterminée.
Voilà la vision clairement affichée par la droite et par Nicolas SARKOZY dans cette campagne. Evidement, ce n’est pas la nôtre. On ne peut pas avoir une économie qui se porte bien si les salariés ne se portent pas bien, ne se sentent pas en sécurité.
Il faut donc afficher l’objectif d’augmenter le pouvoir d’achat et de valoriser le travail mais ce n’est pas en mettant les salariés dans une situation précaire que Monsieur SARKOZY revalorisera le travail.
Valoriser la France du travail, c’est valoriser les salariés qui travaillent, c’est faire en sorte qu’ils soient mieux payés, qu’ils soient mieux défendus.
C’est faire en sorte que la négociation en entreprise se passe dans de bonnes conditions, que les syndicats soient respectés. C’est ça valoriser le travail.
Oui bien sûr, c’est peut être aussi que les charges d’entreprises diminuent pour permettre le développement de l’entreprise. Mais leur diminution ou les aides données (65 milliards d’euros en 2006) aux entreprises ne doivent être réalisées ou données que pour autant qu’elles se traduisent par des créations d’emplois dans les entreprises ou par des augmentations substantielles de salaires. Ce doit être ça une politique publique en faveur du travail et de la revalorisation du travail.
Parce que l’objectif qui est le nôtre, c’est de réduire le chômage.
Mais tout ça, vous allez me dire, ça coûte probablement beaucoup d’argent. On veut diminuer les charges, revaloriser les salaires, on veut que tout le monde se porte mieux mais comment ?
Est ce que vous vous êtes posés la question de savoir, dans ce monde qui se porte mal, dans ce monde qui souffre, dans ce monde ou les salariés sont dans les difficultés, si ces difficultés là étaient partagées par tout le monde ? Elles sont partagées par tous les citoyens du monde. C’est pour ça qu’il est nécessaire d’avoir une vision de la mondialisation et de s’intéresser à la situation des salariés qui sont en INDE ou en CHINE et qui sont soumis eux aussi aux contraintes de la mondialisation et du capitalisme.
Mais comment se fait-il qu’au même moment où l’on dit que la France se porte mal, les entreprises du CAC 40 n’ont jamais fait autant de profits. Et qui profite de ces profits ? Si s’était nous tous, si c’était les Indiens ou les Chinois, je vous dirais le monde fonctionne à peu près normalement. Mais ce n’est pas le cas.
Ces profits servent à rémunérer le capitalisme. Ce sont les fonds d’investissement qui possèdent les entreprises. Ils détiennent 50 à 60% des grandes entreprises du monde. Ils attendent des taux de rentabilité de 15% par an. Là où l’inflation dans notre pays est de 1,5%, où l’on se bat pour revaloriser le SMIC ou les salaires de 1% au moins pour les fonctionnaires, sachez que les capitaux sont eux rémunérer à 15%
Est ce que cela ne doit pas conduire à un projet politique ?
En France, mais aussi à l’échelle de l’Europe, il faut se poser la question de savoir s’il ne doit pas y avoir une autre répartition des gains de notre économie entre le travail et le capital, entre les salariés et les propriétaires des entreprises.
C’est cette vision là que nous voulons avoir. C’est cette vision qui sera défendu par Ségolène ROYAL dans cette campagne.
Je terminerai mon propos en disant un mot sur cette campagne qui s’amorce. C’est une campagne qui va être dure. Il faut que nous en soyons conscients. Mais cela ne doit pas vous faire peur, vous qui êtes des sympathisants et des militants politiques ou tout simplement des citoyens qui croyaient en un certain nombre de valeurs. Ne nous leurrons pas, l’ensemble du microcosme parisien et des médias seront contre nous pendant cette campagne.
Parce que le candidat de la droite Nicolas SARKOZY a des amitiés, des réseaux, des relais personnels dans le monde des médias.
Il va falloir que nous répondions au coup par coup avec nos moyens qui ne sont pas ceux de Nicolas SARKOZY et ceux de la droite. Il faut que nous répondions coups par coups aux tentatives de dénigrements de notre candidate.
Franchement, qui sont ils pour venir donner des leçons de crédibilité, de respectabilité sur les grands sujets qui nous occupent.
Est ce que Nicolas SARKOZY peut venir donner à notre candidate des leçons en matière de politique étrangères, lui qui il y quelques semaines, est allé faire acte d’allégeance à Georges BUSCH aux Etats Unis.
Est ce que l’on va recevoir des leçons de crédibilité de diplomatie de notre ministre des affaires étrangères, M. DOUSTE BLAZY, qui devant le mémorial de la Shoah à Jérusalem, et regardant la liste de tous les pays, s’est étonné et a demandé pourquoi il n’y avait pas de contingent de la communauté juive de Grande Bretagne, oubliant que l’Angleterre était une île et n’avait jamais été envahie par les allemands. Et c’est ce monsieur là qui veut venir nous donner des leçons en matière de crédibilité diplomatique.
Et Michèle ALLIOT MARIE qui pendant deux ans a laissé le Clémenceau errer sur les mers du globe au frais du contribuable français sans savoir qu’en faire, et celle elle qui veut nous donner des leçons de respectabilité ?
Notre candidate est une bonne candidate. Nous l’avons choisi parce qu’elle représente quelque chose de neuf dans le monde politique, c’est une autre forme de langage, une autre pratique, un autre discours, et c’est ce qui embête, c’est ce qui ennuie. On va chercher à l’affaiblir. Nous devons être à ses côtés, nous battre pieds à pieds pour la défendre.
Quant aux médias, il n’y a pas d’autres solutions que de faire une campagne de toile d’araignée, de toile de proximité, que partout, chacun, les uns et les autres, vous vous sentiez porteur et dépositaire de la parole et des valeurs qui sont les nôtres. Il faut que vous passiez votre temps à répondre, à convaincre, à argumenter sur vos lieux de travail, sur vos lieux d’habitation, avec vos amis, avec votre famille. Partout, vous aussi vous devez être les candidats de la campagne présidentielle et les candidats de l’élection législatives. Et ici à Aix et dans le Pays d’Aix, c’est pareil. A ce propos, vous avez dû être surpris de voir de grandes affiches, très grandes, certaines de membres de l’UMP, d’autres d’écolos je crois, affichées sur le pays d’Aix. Je me suis dit, j’ai dû louper un épisode, qu’ils devaient être candidats soit à la présidentielle, soit aux législatives, puisque ce sont les deux élections prévues en 2007, mais non rien à propos de ces élections décisives.
Ni les uns, ni les autres ne sont candidats ni à la présidentielle, ni même aux législatives.
Et ce comportement m’inspire des réflexions sur lesquelles je souhaite attirer votre attention.
Je répondais tout à l’heure à une journaliste qui me disait : alors est ce que vous allez faire alliance avec François Xavier DE PERETTI pour les élections municipales de 2008 ?
On marche sur la tête !
Nous sommes en plein combat politique pour l’élection présidentielle et l’élection législative et certains se disent : « ça c’est pas pour nous, ces combats. Nous on se bat pour les municipales »
Franchement, chers amis, il faut vraiment avoir peu d’expérience politique, peu de connaissance des institutions et des citoyens pour penser que les élections municipales de 2008 sont indépendantes de ce qui se passent avant.
Qui peut dire aujourd’hui dans quelle situation nous serons pour les élections municipales de 2008 ?
Ici, je vais vous dire, si nous gagnons l’élection présidentielle en 2007 avec Ségolène ROYAL, si nous battons Maryse JOISSAINS dans la 14éme circonscription des Bouches du Rhône aux élections législatives, alors je peux vous dire que les élections municipales d’Aix, et les élections dans tous le pays se feront de manières extrêmement différentes. Alors que tous ceux qui considèrent qu’il y a des combats qui ne sont pas les leurs, qui se prétendent faire de la politique, qui ne sont pas capables de dire au moment d’une élection présidentielle, au moment d’une élection législative, c’est à dire au moment où les Français ont, où vous avez des choix importants à faire, ne sont pas capables de prendre position, que ceux-ci ne viennent pas demain, me donner, nous donner, des leçons sur la manière dont on conduira le combat pour les élections municipales.
Pour faire un peu d’humour, la presse s’en ai fait échos, Maryse JOISSAINS se rêvait quant elle était jeune, meneuse de revue.
Ce qui me frappe aujourd’hui c’est qu’elle a échouée dans un autre rôle. Elle se rêvait meneuse d’une équipe, elle se réveille meneuse d’un clan de plus en plus isolé, recroquevillé qui continue à confisquer tous les pouvoirs dans Aix et le Pays d’Aix.
Alors je me souviens, que lorsqu’elle est arrivée aux affaires de la ville et à la communauté d’agglomération du Pays d’Aix, en 2001, Maryse JOISSAINS avait lancé une phrase disant que l’un de ses objectifs politiques, c’était d’éradiquer les socialistes du pays d’Aix. De faire disparaître les socialistes.
Aujourd’hui nous sommes là, nous sommes bien là, et je vous propose de manière plus démocratique avec les citoyens d’Aix et du Pays d’Aix, c’est de bouter Maryse JOISSAINS et son clan hors d’Aix et du Pays d’Aix.
Chers Amis, Chers Camarades,
Je voudrais terminer mon propos d’abord en vous remerciant une nouvelle fois d’être aussi nombreux et en vous disant et vous l’avez compris que ma combativité, que notre combativité est entière et totale.
Je voudrais que cette combativité qui est la mienne soit partagée par vous tous et que nous la mettions au service de la République.
Je voudrais vous citer pour terminer la phrase qui figure sur ma carte de vœux qui est très importante pour moi. C’est une phrase que je n’ai pas choisi au hasard, elle est de Pierre MENDES FRANCE :
« La République doit se construire sans cesse, car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant il reste des progrès à accomplir ».
Bonne et heureuse année 2007 à vous tous.