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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 03:43

Hier, la Cour d’Appel d’Aix a rendu sa décision autorisant l’expulsion des sans abris de la Rotonde, considérant que l’installation et l’occupation du domaine public de la commune constituaient un trouble manifestement illicite qu’il convenait de le faire cesser, au besoin avec le concours de la force publique.

 

Je ne commenterai pas cette décision qui a désormais l’autorité de la chose jugée. Juridiquement, les choses sont dites. Mais politiquement, il en est tout autrement !

 

En effet, déplacer la misère ne la fait pas disparaître pour autant. Si le camp de la Rotonde est levé, où vont aller les sans abris qui s’y étaient installés ? Ailleurs et forcément sur une autre partie du domaine public de la commune, moins visible peut-être et en ordre plus dispersé sûrement…

 

Quelle hypocrisie ! Depuis le 22 décembre, Mme Joissains refuse tout dialogue et n’a cessé de rejeter la proposition d’organisation d’une table ronde réunissant l’ensemble des acteurs associatifs, politiques et sociaux, capable de proposer des solutions adaptées, tant individuelles que collectives. Car, on sait que des solutions d’hébergement d’urgence existent à Aix – avec le centre Henri Dunant par exemple que nous avions créé en 1999 ou quelques lits à l’Auberge de Jeunesse – mais de manière très insuffisante. C’est une réalité ici à Aix comme partout en France. Et si ce n’était pas le cas, pourquoi alors, le gouvernement que soutient Mme Joissains aurait réorienté ses choix budgétaires (faisant passer son plan de 7 à 70 M€) et annoncé la création de 20.000 lits d’urgence supplémentaires en France ?

 

Mais peut-être que ce ne sont que des effets d’annonces sans grande réalité concrète derrière… Ce qui serait tout autant inadmissible. Ce n’est pas de cette manière, avec un certain mépris, que l’on doit aborder les problèmes qui se posent à notre société. On ne peut pas opposer celles et ceux qui ont un toit à celles et ceux qui n’en n’ont pas ou bien encore faire un tri entre de « vrais sans abris » ou de « faux sans abris » !

 

Aujourd’hui, à Aix et en Pays d’Aix, la question des sans abris et des capacités d’hébergement d’urgence n’est absolument pas réglée, bien au contraire. Mme Joissains fait peut-être le choix d’attendre le 15 mars et la fin de la trêve hivernale… précisément pour ne rien faire et se dédouaner. Mais une telle attitude ne trompera personne et elle est pour le moins le symbole, on ne peut plus clair, d’une irresponsabilité politique bien coupable !

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