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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 18:17

Mon coup de gueule de la semaine dernière sur le rôle néfaste des médias dans cette pré-campagne présidentielle a suscité de très nombreuses réactions. 95% étaient des réactions de soutien et de mobilisation. Je suis heureux que mon message ait été relayé partout et pas seulement dans notre région.

 J'ai eu par ailleurs le plaisir de noter que je n'étais pas le seul à éprouver de la colère...Vincent Peillon, d'autres leaders, les guignols de Canal + se sont mis à critiquer le parti pris invraisemblable de la plupart des médias nationaux et régionaux. Notre candidate elle-même s'en est émue. Ne nous leurrons cependant pas, cette réaction ne changera pas l'essentiel. Et nous devons continuer à nous battre avec nos moyens pieds à pieds.

 Certains se sont sentis particulièrement visés....c'est notamment le cas de Libération. Cela mérite d'être raconté et…décrypté !

 J'ai successivement reçu un mail de Michel Henry (correspondant de Libération à Marseille) puis un coup de fil, hallucinant, de Renaud Dely (Journaliste du service politique à Paris). Le premier s'émouvait de mes propos, m'accusant de mensonges, de déformer la réalité et de formules "à l'emporte pièces". Le second m'a accusé, de façon violente et désagréable, de diffamation, de mensonges, de ne rien connaître à la réalité, de vouloir un journal " à la botte du bureau national du parti socialiste", d'employer des méthodes pires " que celles de Sarkozy".....Il a fini par me raccrocher au nez....

 De quels mensonges parle-t-on ? Renaud Dely m'a dit que la famille Rothschild n'était pas propriétaire du journal et que la présence au capital d'Edouard de Rothschild ne portait pas atteinte à l'indépendance de la rédaction.

 Je lui ai répondu qu'avec 39% du capital de Libération, Edouard de Rothschild était le propriétaire du journal. Qu'il avait d'ailleurs, fort de ce pouvoir, successivement imposé un changement de statut limitant les pouvoirs des salariés de Libération,  un plan social prévoyant le départ de 70 journalistes, le rejet de la candidature d'Edwy Plenel à la tête de la rédaction pour imposer celle de Laurent Joffrin. Si tout cela, çà n'est pas le pouvoir ....alors qu'est-ce que le pouvoir dans une entreprise ?

 Renaud Dely m'a surtout attaqué sur la méthode : "Si vous n'êtes pas d'accord avec un article du journal, écrivez-moi individuellement...Vous n'avez pas à diffuser sur le net de cette manière là...ce sont des méthodes indignes, pires que celles de Sarkozy"....

 Même si je fais la part des choses, compte tenu de l'énervement de mon interlocuteur, je trouve que cet échange en dit long sur la conception de certains, des rapports entre la Presse et ses lecteurs.

 Je le lui ai d'ailleurs fait remarquer : "Je ne vous reproche pas d'écrire ce que vous voulez mais si cela ne me plais pas, j'ai le droit de le dire et même de le dire fort...et si vous écrivez un journal pour plusieurs centaines de milliers de lecteurs, je ne vais pas me contenter de dire que je ne suis pas d'accord au seul rédacteur...j'ai le droit de le dire plus largement et à qui je veux. Et moi je signe mes mails...je ne diffuse rien de manière anonyme."

 Entre-nous, Libération n'est pas le pire des organes de presse dont j'ai dénoncé la semaine dernière le conformisme, l'appartenance à un petit microcosme parisien, le suivisme, le parti pris de défense des milieux économiques qui le maîtrise. Mais si on se dit de gauche, il faut accepter que le lectorat de gauche réagisse quand il s'estime trahi. Plus encore quand on fait appel à lui pour soutenir le journal quelques semaines plus tôt face aux difficultés économiques.

 Je terminerai cette petite note d'actualité pour dire, que de toute évidence, la rédaction de Libération partage probablement mes doutes et interrogations. La lecture du journal Le Monde du lendemain m'a appris, vous l'avez sans doute lu, que la rédaction votait une motion de défiance à l'encontre du nouveau directeur de la rédaction Laurent Joffrin et condamnait les pressions dont elle était victime et les propos injurieux tenus sur certains journalistes.

 J'ai, du coup, mieux compris l'énervement de Renaud Dely , que je n'avais pas eu au téléphone en 19 ans de vie politique (!!!), lorsque j'ai lu dans le même article que Laurent Joffrin lui proposait le poste de directeur adjoint de la rédaction.....

 Restons vigilant et battons nous pour lutter contre la désinformation !!

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